Texte 4                      Guillaume Apollinaire,Alcools, 1913 
                              « Le pont Mirabeau »

Voici le plan du commentaire. La Lecture analytique a été remise en main propre aux élèves le lundi du DS. 

 

 
 
[Présentation] Notre poème s’intitule « Le Pont Mirabeau ». Il constitue le second poème du recueil Alcools, publié en 1913. Ce texte appartient au cycle des poèmes inspirés par Marie Laurencin, avec laquelle Guillaume Apollinaire vient de rompre. Notre poème est donc lié au thème du Mal aimé et Guillaume Apollinaire dit de son poème qu’il est « la chanson triste de cette longue liaison brisée ». Mais cette « chanson triste » est l’occasion pour le poète d’évoquer le temps qui passe.
Je vous en propose une lecture [lecture]
[reprise de la problématique de l’examinateur]Comment le poète exprime-t-il son amour perdu ?
[annonce du plan] Nous verrons dans un premier temps …

[développement]
 
I. LE RENOUVEAU DE L’ELEGIE :
Notre poème s’annonce comme une chanson triste, entre tradition et modernité.
 
1) Une chanson triste (= élégie, poème sur un thème lyrique triste, souvent l’amour perdu) :
 
a)   La forme de ce poème
-        Structure du poème :

-        Syntaxe :
-        Musicalité : 
 
=>  Ce poème est bien une chanson.
 
b)   Le thème de cette chanson est la tristesse de l’amour enfui.
-        L’amour
-        L’amour enfui :
 
=>  Le thème du poème est bien le chagrin d’amour, tradition du lyrisme intime amoureux depuis le mythe d’Orphée (poète mythique de l’antiquité grecque qui perdit Eurydice à jamais aux Enfers et chanta désormais l’amour perdu, accompagné de sa lyre).
 
2) Des éléments de modernité :
 
L’élégie est renouvelée.
 
a)   Renouvellement de la ponctuation :
 
b)   Renouvellement de la forme : 
 
c)   Renouvellement du thème lyrique :


=>  Ainsi, ce poème se situe entre tradition et modernité. On peut dire que ce poème renouvelle l’élégie.
 
II. EVOCATION DU TEMPS QUI PASSE :
L’évocation de l’amour perdu s’élargit en une réflexion sur le temps qui passe, l’impermanence.
 
1) Le passage :
Trois thèmes s’entrelacent : le thème de l’amour, le thème de la tristesse et celui du passage.
a)      La métaphore de l’eau :
b)      Le champ lexical du passage 
c)       Verbes de mouvement :
d)      Sons : les liquides du vers 1 
e)      Rythme : l’absence de ponctuation crée un rythme fluide
 
2) La mélancolie du poète :
 =>  L’effet produit par ces répétitions est celui d’une permanence, une volonté d’arrêter la fuite du temps, de suspendre le vol du temps.
 
3) La solitude du poète :

=>  Le poète veut résister à la fuite du temps par la force de l’amour. En dehors du poète, le temps passe et l’amour s’efface, disparait. Tout est écoulement permanent.
=>  En définitive, c’est en écrivant que le poète échappe au passage du temps et fixe pour l’éternité ses amours. .
 
[Conclusion]
Au terme de notre analyse, nous avons vu que le poème proposait un topos revisité : à travers l’expression de l’élégie, de la perte d’un amour enfui, Guillaume Apollinaire laisse entendre sa plainte et son espérance ; cette mélancolie est une source créatrice qui permet au poète un renouvellement de la poésie.
[ouverture]Guillaume Apollinaire ira plus loin encore dans sa recherche de modernité avec, par exemple, ses calligrammes.
[autre ouverture] « Le Pont Mirabeau » s’inscrit donc bien dans le cadre du recueil Alcools : en effet, le titre du recueil connote à la fois la brûlure de l’amour, et l’ivresse,  une métaphore désignant le pouvoir de création de la poésie.
 



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