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un site d'information sur Louise Labé :
- femme-auteure ou créature de papier ?
- la place des femmes dans la culture de la Renaissance
- la ville de Lyon
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Plan possible de "Marie vous avez la joue aussi vermeille", sonnet de Ronsard. Voici une proposition, sensiblement semblable à celle donnée en cours :
I. L'ELOGE DE MARIE :
a) le lyrisme amoureux :
- apostrophe de "Marie" mais absence de P1 (le poète se fait discret).
=> il s'agit d'un poème adressé à Marie, une jeune paysanne de la région de l'Anjou, dont Ronsard s'est épris.
Remarque : Marie est l'anagramme d'aimer.
- évocation des cinq sens : l'ouïe "Python" / l'odorat "rose"/ le goût "savoureux"/ le toucher "doux" / la vue "mignarde"
=> ce poème se présente comme une ode à la beauté de Marie.
b) la beauté de Marie :
- structure du poème : évocation d'abord de visage dans les quatrains, puis du corps de Marie dans les tercets, avec quatre vers à la volta sur le sein, symbole par excellence de la féminité
=> davantage qu'un blason car la beauté de Marie est évoquée à travers plusieurs synecdoques.
- métaphores flatteuses : "vos seins sont des Grâces", "deux monts de lait"
=> images mélioratives.
- hyperboles : comparatif de supériorité absolue : "à nulle autre pareille"
balancement du rythme "et le... et la" mime la perfection de l'équilibre.
=> il s'agit d'un éloge
c) éloge de la jeunesse et du naturel de Marie :
- la jeunesse évoquée à travers la nature ("rose de Mai", "Aurore" "nouvelet" "printemps" : la saison du renouveau = printemps, début de cycle végétal = jeunesse
- le naturel : le naturel de la jeune paysanne se retrouve dans le style enjoué du poète.
II. UNE ESTHETIQUE DE LA RENAISSANCE :
ce poème se présente comme une poésie érudite, savante, qui dépasse l'expression d'un simple amour personnel. Ronsard déploie son art de poète de la Renaissance.
a) nombreuses références à l'Antiquité :
- références mythologiques : Amour = Eros, dieu de l'amour ; Python = déesse de l'éloquence (art oratoire) ; Junon = déesse du mariage ; ...
=> ces allusions mythologiques contribuent à l'éloge de Marie, mais elles sont également le signe de l'érudition du poète. Ronsard est le chef de file du groupe de la Pléiade : les poètes de la Pléiade sont des humanistes qui souhaitent rendre la langue française, et sa poésie, aussi illustres que la poésie grecque ou latine. Ils imitent donc les poètes de l'Antiquité, empruntent des références mythologiques, mais c'est pour évoquer leur monde, leur présent. Ronsard, Du Bellay, sont des poètes du groupe de la Pléiade.
b) mise en valeur du corps de la femme :
- "joue", "cheveux", "oreille", "lèvres", "yeux", "voix," "bras," "front," main", coeur"... évocation par synecodque du corps de la femme.
=> Avec l'humanisme, le corps humain est remis à l'honneur. Le corps nu de la femme est redécouvert et contrairement au moyen-âge, il n'est plus synonyme de péché. On l'a vu avec les peintures de la Renaissance italienne, de Botticelli par exemple.
c) le sonnet et l'art de la pointe :
le dernier vers ménage une chute inattendue, que l'on appelle une pointe : la conjonction de coordination "mais" introduit une opposition forte. l'expression "vous avez" reprend au v.14 le v.1, et crée ainsi un parallélisme : mais il s'agit en fait d'opposer les 13 premiers vers qui font l"éloge du physique de Marie, au v.14 qui fait le blâme d'un trait de caractère. La diérèse sur "lionne" et l'adjectif "fière", au sens étymologique de "féroce", invitent à relire le poème. Tout au long du poème, chaque élément de la beauté de Marie est caractérisé par l'évocation du dard, du piquant : la rose a des épines ; les cheveux ont des noeuds ; l'abeille a un dard ; les yeux ont des traits (flèches) ; la voix est celle d'un serpent (venin) ; les tétins sont dans une châsse (boîte).
=> en fait, il s'agit d'une image classique, un topos de la femme belle et distante. Il s'agit donc d'un jeu sur la beauté de la jeune fille. Ronsard déploie tout son art.
Ainsi, le sonnet en forme de blason de Marie est l'occasion pour le poète de déployer son art, et de faire oeuvre de poète de la Pléiade, utilisant la forme du sonnet pour construire un bijou poétique, un écrin servant d'éloge de Marie.