Ouverture intéressante et d’actualité

pour le texte de Camus : « le réquisitoire du procureur » :

 
La scène de L’Etranger semble moins une scène de tribunal qu’une scène de théâtre. Il est vrai que, à l’inverse, s'est jouée à la Réunion en 2009 une pièce de théâtre, dont le rôle principal était tenu par un avocat célèbre, Jacques Vergès. Mais pour Meursault, dans L’Etranger, l’éloquence du procureur amène notre héros à être condamné à mort pour avoir « enterré sa mère avec un cœur de criminel ».

 

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Jacques Vergès, célèbre avocat, d’origine réunionnaise, joue son propre rôle sur les planches du théâtre de Champ-Fleury, à St-Denis, en avril 2009.
Dans « Serial Plaideur », Maître Jacques Vergès montre, si besoin était, la proximité entre l’éloquence de l’avocat de la défense et celle du dramaturge.
N’hésitez pas à effectuer des recherches sur internet, afin de pouvoir vous appuyer sur cette performance pour nourrir votre réflexion sur le texte de Camus, « le réquisitoire du procureur ».
On peut donc parler, pour une large part, de théâtraisation des procès. Albert Camus, dans L’Etranger, comme Kafka, dans Le Procès, rend compte de cette théâtralisation de la justice. Ainsi, théâtre et procès sont-ils liés.
Rappelons que Me Vergès a défendu des terroristes, des dictateurs… de telle sorte que le la pièce est intitulée "seriel plaideur", comme il y a des "serial killers". La médiatisation est aussi une arme de défense pour cet avocat.
 
« Il nous explique que dans un procès, un drame est en train de s’accomplir sous nos yeux, un duel entre l’accusation et la défense. L’avocat et le procureur racontent deux histoires non pas vraies, mais vraisemblables. Et quand le dernier écho de l’éloquence s’est perdu dans les prétoires, il s’agit moins de dire le droit que de proclamer le vainqueur.
La vérité est-elle fondamentalement hors de portée de la Justice ? »
Louis-Charles SIRJACQ
« Comment pouvez-vous défendre un criminel pareil ? »
 Cette question posée à un avocat est aussi absurde que celle posée à un médecin, « Comment pouvez-vous le soigner ?».
Réponse à ces âmes inquiètes : « La profession d’avocat n’est pas seulement l’exercice d’une technique c’est aussi et avant tout une manière d’assumer l’humanité de tous les hommes, coupables ou non. »
Jacques Vergès
 
" Nous avons constaté qu’au théâtre comme dans le prétoire, l'interrogation est la même : qu'est-ce que l'homme ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Pourrions-nous être autres ? Le terreau est le même: le conflit de l'individu avecle groupe, de l'homme avec les forces de l'univers.
Mais dans le théâtre, le drame est illusoire, les héros appartiennent à la légende, comme Thésée ou Antigone, au passé comme Richard II ou Henri V, à l'imaginaire comme Ubu ou Godot.
Dans le procès, ils sont vivants et appartiennent à la vie de tous les jours. Jacques Vergès a la passion de défendre. Il interroge naturellement les affaires qui lui sont confiées, et il m’a dit avoir constaté qu’un dossier de justice est aussi le sommaire d’une tragédie inachevée. Dans un procès, un drame s'accomplit sous nos yeux […]. Dans un procès, nous ignorons jusqu'au bout quel sera le sort de l'accusé. C'est ce qui donne au procès son côté aléatoire, son image tremblée si fascinante. Le suspens au théâtre est convenu, dans le procès, il est réel. L'incertitude ne concerne pas seulement l'issue, mais les faits : les faits eux-mêmes sont incertains. À chacun sa vérité ! Cette interrogation pirandellienne, Jacques Vergès a décidé de tenter d’y répondre sur la scène du Théâtre de la Madeleine. De parler du drame que recèle le procès, où l’avocat est tour à tour spectateur, lecteur de la transcription faite par le juge, enfin coauteur de l’épilogue ou de l’acte V qui lui donne un sens. […]"
 
 source : extraits du site du théâtre de La Madeleine – dossier de presse



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